La bande à Raymond

Publié le par seblog

 

Trois matches de préparation, un sélectionneur, 23 possibilités. A deux jours du début de la Coupe du monde, Raymond Domenech doit tirer les enseignements des rencontres amicales qui viennent d’avoir lieu.

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Le déséquilibre gauche/droite

Le problème est criant. L’équipe de France joue uniquement à gauche, sous l’impulsion d’un Ti Franck de feu, bien épaulé par Evra et Malouda. Ca combine, ça joue en triangle, ça provoque et ça va vite: le côté fort des Bleus est pour l’instant le seul motif d’espoir. Problème: un entraîneur adverse malin peut réserver un traitement spécial à ce trio offensif pour le museler et le contre-attaquer, quitte à dégarnir son aile opposée. Eh oui, le pendant à droite de Ribéry-Evra-Malouda, c’est la team Govou-Sagna-Gourcuff. Seul le Bordelais a plus ou moins réussi ses matches de préparation. Le latéral d’Arsenal centre toujours au troisième poteau et le Lyonnais court moins vite que Thierry Henry. Si Sagna, pourtant pas un joueur de top niveau en équipe nationale, ne semble pas contesté par Réveillère, auteur d’une performance quelconque contre la Chine, Sidney Govou n’a pas été bon et le reconnaît lui-même. Trois solutions existent pour le remplacer: basculer Ribéry à droite, replacer Anelka dans le couloir ou lancer Valbuena dans le grand bain. La première option nécessite une réorganisation complète de l’équipe, en cassant la seule chose qui fonctionne (le trio Ribéry-Evra-Malouda). Presque une absurdité, à trois jours du début de la compèt. Petit Vélo étant encore un peu juste pour être titulaire en Coupe du monde, la meilleure solution pourrait être de descendre Anelka sur l’aile. Un poste qu’il a de temps à temps occupé cette saison à Chelsea.

L’avant-centre

Deuxième casse-tête: qui doit jouer en pointe? A ce poste, Anelka n’a pas convaincu pendant la préparation. Mais on a senti une amélioration contre la Chine, au moins dans son placement. Nico la tête de mule semble avoir enfin compris que son rôle n’était pas de faire le jeu pour les autres, mais de laisser les autres le faire pour lui. Suffisant pour le maintenir en pointe? Si Raymond prend le parti de replacer Anelka à droite, la place se libère. Et deux hommes peuvent y prétendre (Djibril Cissé étant clairement le remplaçant du remplaçant): Thierry Henry et André-Pierre Gignac. Titi contre Dédé, un vrai sujet de discussion de comptoir. Malgré une bonne volonté affichée dans ses courses, Thierry Henry a été transparent quand il est rentré en jeu lors des deux premiers matches, un peu moins contre la Chine, où il a eu une bonne occas’. A l’inverse, Dédé a montré de belles choses: des frappes spontanés, des appels bien sentis, de la vitesse et de la puissance physique. Tout ce que l’on demande à un attaquant de pointe esseulé dans l’axe de la défense. C’est lui qui mérite de débuter contre l’Uruguay. Mais Henry a l’expérience, un passé de capitaine, des soutiens de poids au sein de l’effectif et un record de meilleur marqueur de l’histoire de l’équipe de France. Passion ou raison? Raymond le philosophe tranchera.

L’émergence de Diaby

Personne ne l’avait vu venir, le petit gars d’Arsenal, (sauf Plat du Pied qui le proposait titulaire dès mai). C’est pourtant la grosse sensation du moment. En trois bouts de matches, il a réussi à montrer l’étendue de son talent. Grand et adroit, physique et technique, puissant et véloce, il est capable d’orienter le jeu, de faire la différence dans les petits espaces et de récupérer les ballons. Un relayeur parfait, qui peut se fondre à merveille dans le 4-3-3 mis en place par le sélectionneur. D’autant plus que l’équipe de France a montré quelques signes de faiblesse en phase défensive, où Malouda et Gourcuff doivent jouer à contre-emploi à un poste de quasi-récupérateurs. L’apport de Diaby dans ce domaine pourrait renforcer l’assise des Bleus sans diminuer leur potentiel offensif. De nombreux observateurs plaident d’ailleurs pour sa titularisation. Mais à la place de qui? Gourcuff? Le Bordelais a pourtant été l’un des meilleurs jusque là. Cependant, d’après Libération et l’Equipe, les stars des Bleus veulent la tête du beau gosse, parce qu’il est différent (c’est-à-dire humble, taciturne et intelligent) et attire un peu trop les regards. Autre solution: Diaby remplace Malouda, qui glisse sur l’aile gauche, pendant que Ribéry s’en va animer le couloir droit avec Sagna et Gourcuff. L’option est séduisante, mais il est sans doute trop tard. La tester lors du premier match d’une Coupe du monde est un gros pari. Domenech nous a pourtant montré récemment qu’il était capable de faire des choix forts. Encore une fois?

Les certitudes

Fort heureusement, tout n’est pas à changer. Dans les buts, Hugo Lloris reste indiscutable, malgré sa petite faute de main sur le coup-franc victorieux des Chinois (à moins que ce ne soit la faute du ballon). A gauche, Patrice Evra s’affirme enfin en équipe de France et porte bien le brassard (on lui dit merci de parler sans langue de bois et d’engueuler les coéquipiers qui se la racontent un peu trop). Sans se montrer impériale, la charnière Abidal-Gallas a montré qu’elle pouvait être solide, à condition de dépasser ses éternelles sautes de concentration. Le défenseur d’Arsenal, après des débuts difficiles, a rassuré contre la Chine. Pilier des piliers, Toulalan, débarrassé de Lass’, son ancien compère qui lui marchait sur les pieds, est tout près de son meilleur niveau. Comme Manu Petit en 98.

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Publié dans Actu

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